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Guillaume de Fonclare est atteint d’une maladie orpheline, une de ces maladies auto-immunes dont on ne sait rien, ni des causes ni de l’issue. Il raconte avec sobriété et pudeur le calvaire d’un homme qui devient peu à peu prisonnier de son corps et dont le plus petit effort provoque une souffrance elle aussi sans nom. Mais l’intérêt du livre n’est pas là. Guillaume de Fonclare est aussi et avant tout le directeur de l’Historial de la Grande Guerre à Péronne, le musée de référence sur la Première Guerre Mondiale. Le plus clair de son temps, il le passe avec les morts innombrables dont il raconte avec justesse la terreur du quotidien sur des champs de bataille dont la Sécurité Civile annonce sept siècles de déminage pour venir à bout des tonnes d’obus qui n’ont jamais explosé; ces morts de 14-18 dont on exhume chaque année les cadavres. Ainsi, la souffrance de l’un fait résonner la souffrance de millions d’autres, la douleur indiscible de corps martyrisés et dont bientôt on aura de la peine à se souvenir.

Guillaume de Fonclare, Dans ma peau, Stock, 2010.

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