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Tous les amateurs de désert rêvent de Tombouctou, cité mythique et sans doute décevante, dont on sait qu’elle fut découverte, comme disent les Européens, par René Caillé en 1828. Et pourtant ce n’est pas tout à fait vrai. Deux ans auparavant, un major anglais dénommé Laing y était arrivé, mais il fut assassiné et son exploit ne fut pas « homologué » par la postérité. C’est cet homme complexe et malchanceux qui sert d’arrière fond au roman d’Isabelle Jarry, et aux relations qu’à travers le personnage d’Ariane, la narratrice, celle-ci entretint longtemps avec le désert et celui qui le lui fit découvrir, Théodore Monod (Gabriel Barthomieux dans le livre). Mais il s’agit bien d’un roman, précisément et habilement construit autour de la difficulté d’écrire un roman sur des situations et des personnages porteurs d’une charge symbolique forte. Une évidence y apparaît. Le désert n’est pas seulement un lieu d’ascèse et de dépouillement, le désir y affleure, et c’est le vrai sujet de cette « traversée ».
Le désert anéantissait tout le chemin à parcourir pour aller à l’autre, il rendait la relation immédiatement accessible et gagnait le cour des choses, sans intermède ni transition (…) C’était, pour les tempéraments timides et réservés, trop bien élevés, une chance inespérée.

Isabelle Jarry : La traversée du désert, Paris, Stock, 234p.

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