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Monthly Archives: avril 2008

Pour les amateurs de polars historiques, la maison d’édition 10/18 est depuis longtemps la référence à travers sa collection « Grand détectives ». La dernière sensation s’appelle Frank Tallis : un docteur en psychologie renommé et par ailleurs auteur d’une série intitulée « les carnets de Max Liebermann » : des intrigues policières dans l’Autriche de 1900. Particularité de l’enquêteur : il s’agit d’un docteur adepte des bouleversements de la psychiatrie d’alors, en bref un détective-psychanalyste ! Nous avons lu pour vous « Les mensonges de l’esprit » et confirmons : c’est excellent ! Au milieu d’une valse, l’inspecteur Rheinhardt est appelé d’urgence à Saint-Florian, une école militaire des environs de Vienne, où un jeune élève vient d’être trouvé mort. Pointons d’une part une enquête fort bien construite et d’autre part l’ambiance si particulière du Vienne du début XXe.

Les mensonges de l’esprit
Frank Tallis
10/18
trad par Michèle Valencia

Non,nous ne vous parlerons pas ici du nouveau Gavalda (l’auteure du très plébiscité Ensemble, c’est tout, un des plus gros cartons de librairie francophone de la décennie). Nous préférons vous entretenir d’un petit bouquin paru en poche chez le très recommandable éditeur Picquier. Appel du pied est le premier roman de Wataya Risa, une japonaise de 19 ans. Autant le dire, c’est une petite merveille , dans la lignée des Années douces et de Park life (tous deux également chez Picquier). De la simplicité d’une chronique lycéenne, Wataya écrit un récit aigre-doux qui parle de comment grandir, comment trouver du sens. Elle nous fait vibrer doucement en touchant notre corde sensible, celle-là qui vibra le jour où l’on découvrit l’Attrape-coeur de Salinger. « Je veux être reconnue. Je veux qu’on m’accepte. Je veux que quelqu’un délie un à un tous les fils noirs qui sont pris dans mon coeur » L’auteur a reçu le prix Akutagawa, rien de moins que le Goncourt japonais.

WATAYA Risa
Appel du pied
Ph. Picquier
Trad. Patrick Honnoré

Nous avions eu le bonheur de vous dire tout le bien que l’on pense de ‘l’homme sans tête’, un recueil de nouvelles d’Etgar Keret paru chez Actes Sud en 2005. C’est dire avec quelle impatience nous attendions le « nouveau » livre de cette étoile montante de la littérature israélienne. Et force est de reconnaître que Pipelines, écrit en 1992, est son meilleur livre. Le spécialiste du « texte-clip » (ou « nouvelles-instants » ?) est définitivement le virtuose du format court, très court, mêlant les genres au fil des pages, passant du tragique au comique, du fantastique au réalisme, tour à tour naïf ou cynique, il place ses personnages dans un monde fragmenté, souvent inattendu et se pose toujours à contre pied, en plein décalage, là où on ne l’attend pas. En conclusion, et sans faire dans le détail, vous l’aurez compris : Il FAUT lire Etgar Keret.

Etgar Keret
Pipelines
Actes Sud
trad. par Rosie Pinhas-Delpuech