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Monthly Archives: janvier 2008

Le livre de poche vient de publier un véritable trésor de l’écrivain slovène Drago Jancar, dans un genre que l’on affectionne particulièrement : celui de la nouvelle. Jancar, ancienne figure de la dissidence ex-yougoslave est considéré aujourd’hui comme l’un des auteurs les plus importants de son pays. Dans ce recueil intitulé l’élève de Joyce, l’occasion nous est donnée de découvrir les vertiges que provoquent son écriture comme son univers. Ces textes courts écrits avec simplicté et nervosité cristalisent le moment subtil, l’abrupt point de rupture où ses personnages se trouvent confronté à la noirceur absolue, au sombre mystère de la destinée marquée par l’absurde comme par le totalitaire. Jancar, résolument pessimiste et par là, à sa manière, d’une grande humanité, nous livre ici un recueil magistral que l’on vous recommande !

Quand Moss, un ancien du vietnam, découvre par hasard deux millions de dollars dans une sacoche au milieu du désert, la tentation est forte. Voilà « toute sa vie réduite à vingt kilos de papier ». Malgré les cadavres mexicains alentours, victimes d’un règlement de compte entre nacrotrafiquants et les armes automatiques encore fumantes, il s’empare du magot. La chasse à l’homme peut commencer. Les frères Coen ne se sont pas trompés en décidant d’adapter cet excellent bouquin, un western moderne et très sombre. L’occasion pour tous de découvrir à petit prix l’écriture si particulière de Cormac McCarthy : une prose descriptive, lapidaire, rythmée par les conjonctions de coordination. Par ailleurs, l’Olivier vient de publier « La route », un roman d’un genre très différent où McCarty nous confronte avec force à la fin du monde, prix Pulitzer.

Non, ce pays ce n’est pas pour le vieil homme
Cormac McCarthy
Traduit de l’américain par François Hirsch
Points

Ce dernier roman de Yoko Ogawa poursuit dans la veine tendre de La Formule préférée du professeur avec, comme toujours chez cet auteur-phare de la littérature japonaise, une disponibilité au merveilleux et à l’étrangeté. L’année de ses douze ans, Tomoko est envoyée chez sa cousine Mina, à Kobe. Là-bas, tout l’émerveille, le mode de vie à l’occidentale de cette famille, sa gentillesse, les origines allemandes de la grand-mère maternelle, l’hippopotame nain dans le jardin, l’intelligence de sa cousine. Un récit initiatique d’une délicatesse tout en dentelle.
A lire partir de 14 ans jusqu’à 89, 99 ans.
Actes Sud – 21 euros.

Cormac McCarthy nous confronte avec force à la fin du monde. Dans un univers où rien ne subsiste, ni flore, ni faune, un père et son fils marchent. Ils traînent un caddie avec quelques rares boîtes de conserves et croisent de pauvres hères comme eux poursuivis par les cannibales. Le style, d’une rare intensité est laconique comme du Beckett, s’il n’était si senti, si bouleversant. Ici les mots énoncés contiennent ce qu’ils désignent : la faim, la peur. On en sort brisé et profondément remué par l’humanité de ce père et de son enfant, dans un monde où règne la barbarie.

Prix Pulitzer 2006, Editions de l’Olivier, 21 euros.

Patrimoine, La bête meurt, Philip Roth a déjà parlé de l’échéance. Il remet le couvert avec Un Homme. D’entrée de jeu, il enterre son personnage dans une scène Woody Allen. Sont là, les trois ex-femmes, les enfants brouillés avec leur père, une ancienne maîtresse émue, le frère aîné scandaleusement resplendissant de santé… La suite est le récit détaillé de la fin d’un septuagénaire ordinaire qui n’en avait pas fini avec la vie. Terrible, juste, sans trémolos, Roth mêle pudeur et impudeur, ironie et tendresse dans ce miroir tendu à la Camarde.
A ne pas lire si on n’a pas le moral !
Gallimard

Jubilatoire ! Amos Oz se met à la place d’un écrivain célèbre qui s’ennuie à une soirée littéraire à son propos. Pendant que le spécialiste dissèque son œuvre, que la jeune récitante aux dents de lapin l’ânonne, lui rêve..Il imagine une existence aux visages qu’ils croisent dans l’assistance et se met en scène avec chacun d’eux. Il voit même l’auteur, lui donc, en vieille gloire oubliée… Un roman en forme de plaidoyer pour l’imaginaire et la formidable évasion qu’est le livre.

Gallimard, 13,50 euros.