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Monthly Archives: avril 2007

Au sortir d’une adolescence difficile marquée par le suicide de sa mère et clôturée par celui d’un de ses deux meilleurs amis, Joe Goffman est parti vivre à New-York. De ces années de jeunesse, il y écrit un roman caustique et autobiographique dans lequel il prend sa revanche sur la petite ville de province où il a vécu et sur ses habitants qu’il dépeint avec mépris. Contre toute attente son roman devint un best-seller et un film à succès. Joe est devenu riche, très riche. Il roule dans une décapotable dernier cri et possède un appartement chic à Manhattan où il collectionne les conquêtes en se coletinant toutefois un sacré mal de vivre. Lorsque son père est victime d’un accident cardiaque, 17 ans plus tard, il retourne à Bush Falls, la conservatrice. Autant dire qu’il n’y est pas le bienvenu…
C’est ainsi que débute « le livre de Joe ». Une plongée romanesque où le lecteur découvre en alternance les événements tragiques du passé comme les retours de flamme du présent qui s’abattent sur le narrateur avec une régularité presque métronomique.
Malgré certains moments légèrement « appuyés », Jonathan Tropper signe un premier roman tendre, captivant (le « ressort narratif » est puissant et efficace) mais aussi acide et par moment franchement désopilant.

Le livre de Joe
Jonathan Tropper
10/18

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A sa mère berbère, illetrée au cœur fragile, qui ne parle pas le français, Zahia Rahmani tend ce récit de son enfance. Rarement, un texte a dit avec tant d’amour et de colère, la violence de l’assimilation. De toutes ses forces l’auteur à lutté à la fois contre la brutalité obtuse de son père et les préjugés imbéciles des Français de souche. Elle est devenu auteur, écrit régulièrement sur l’art et la littérature, son avant-dernier roman Musulman (2005) a été finaliste au Fémina.
A l’heure de la question de l’identité nationale en France, ce livre d’une vive intelligence, pétri de tendresse et de lucidité, est une occasion de comprendre de l’intérieur le vécu de ce que suppose une double culture.

Zahia Rahmani
France, récit d’une enfance
Sabine Wespieser éditeur.

Enfermé, mis au secret par une force d’occupation, un homme présumé musulman, arabe – alors qu’il parle turc, kurde et anglais, lit Bernanos et Montaigne – découvre la liberté. L’unique, la seule liberté : celle d’aimer l’humanité par-delà sa barbarie, la tolérance malgré l’arbitraire, la beauté sous la laideur qui le brise. Enchaîné dans le noir, sous les insultes et les coups, le narrateur rêve, se souvient, existe – seule résistance possible – et convoque par bribes, la vie, les musiques, les poètes qu’il aime. Ce texte de haute tenue de Jean-Claude Pirotte sauve de la honte, de l’impuissance face à la bêtise meurtrière, d’où qu’elle vienne.

Jean-Claude Pirotte
Absent de Bagdad
La Table ronde

Le retour

Depuis trois ans, James Cook est en mer, parti cartographier les contrées nouvelles du côté de Tahiti. Son retour est imminent mais restera t’il? Les retrouvailles seront-elles possibles? Son épouse se prépare à l’accueillir avec appréhension. Sa vie à elle ne fut que ménage, enfantements et deuils, loin des honneurs et de la gloire. Entièrement perçu de son point de vue, avec tout de même de larges pages du journal de bord de Cook, ce magnifique roman d’Anna Enquist ressuscite cette femme anonyme, seule capitaine à bord d’une destinée entièrement soumise à un mari, un père absent et superbe qui s’en va conquérir le monde, rencontrer des peuples, en abandonnant les siens. Ce roman voit grandir tout en subtilité, au fil des épreuves, la figure de la femme et peut-être sombrer celle du grand homme…

Anna Enquist
Le retour
Actes Sud