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Monthly Archives: décembre 2006

 

Ce roman fort et envoûtant a reçu cette année le Prix Goncourt des Lycéens. Il nous emmène au Mboasu, pays imaginaire d’Afrique. La guerre y est finie et pourtant ses démons ne l’ont pas quittée, la pauvreté, la détresse, les superstitions y sont partout. C’est à travers les yeux de Musango, petite fille de 12 ans que nous découvrons le poids des croyances ancestrales de tout un peuple, sa misère et l’absence dramatique de tout avenir. Chassée par sa mère, elle-même expulsée de son domicile après la mort de l’homme avec qui elle vivait, Musango devient enfant de la rue. Enlevée puis vendue par des trafiquants, elle est séquestrée par des proxénètes qui dissimulent leur odieux trafic derrière les activités d’une secte. Mais Musango n’a qu’un projet : retrouver sa mère, lui pardonner, la comprendre. Leonora Miano est un vrai écrivain. Son écriture est à la fois efficace et poétique ; elle dépeint en quelques lignes les forces et les faiblesses de l’Afrique, et en peu de mots elle nous en fait sentir tout le parfum !

Leonora Miano
Contours du jour qui vient
Plon

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L’auteur nous emmène en Espagne. Un jour, il reçoit d’une amie historienne une monographie de la princesse Ana d’Autriche, dite Ana de Jésus, enfant cachée de Don Juan d’Autriche et de la noble Maria Mendoza. Michel del Castillo est bouleversé car il se reconnaît tout de suite dans ce personnage d’enfant condamné à l’âge de six ans, du fait de sa bâtardise, à la réclusion dans un couvent. Comme elle, il a connu l’abandon et l’enfermement ; il connaît les douleurs de cette enfant à travers sa propre chair. Il reconnaît aussi son courage, car elle aurait pu accepter son destin ; au contraire, elle lutte, reste libre, aime et refuse de faire ses voux à cette époque où « l’unité de la foi faisait l’unité du pays ». Car le roi, Philippe II, lutte contre les Hollandais mais surtout contre les Maures qu’il veut convertir par la force.

Michel del Castillo
La religieuse de Madrigal
Fayard/Seuil

Après Tout est illuminé, Safran Foer se saisit du 11 septembre pour parler de la mort et du deuil. Oskar Schell, un enfant de 9 ans malicieux et d’une grande sensibilité, part à la recherche de son père mort en tentant de résoudre la dernière énigme que celui-ci lui a, semble-t-il, laissée, avant de disparaître dans les tours du WTC : une clef orpheline cachée dans un vase, comme un fils sans père, … Il part donc en quête de la serrure qu’ouvrira cette clef à travers tout New York. En route, il croise des gens de toutes sortes, tandis que se démêle en parallèle l’histoire familiale. Ce roman généalogique, très ambitieux de par son fond et sa forme, parvient à trouver un ton juste qui nous rappelle celui de Harper Lee dans le merveilleux « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ». Un livre lumineux et d’une immense tendresse.

Extrêmement fort et incroyablement près
Jonathan Safran Foer
Olivier