Skip navigation

 

Voici, à notre avis, un des livres importants de cette rentrée d’automne. Train de nuit pour Lisbonne arrive de Suisse alémanique, et est à juste titre considéré comme un des grands romans européens de ces dernières années. Il s’insère dans la tradition du roman philosophique, dont est riche la langue allemande, et ses connections avec d’autres facettes de la culture et de la littérature européennes en font un livre rare et puissant.

Grégorius est un banal et obscur professeur de langues anciennes. Le hasard d’une rencontre avec une jeune Portugaise sur un pont de Berne fait basculer son existence. Entré dans une librairie lusophone, il feuillette le livre de mémoires d’un médecin, Amadeu de Prado. Il lit : S’il est vrai que nous ne pouvons vivre qu’une petite partie de ce qui est en nous – qu’advient-il du reste ? A quoi il répond « Je voudrais acheter ce livre ». Y a-t-il un mystère sous la surface de l’activité humaine ? Ou tous les hommes sont-ils entièrement tels que le révèlent leurs actions accomplies en plein jour ? Quel est l’homme qui a pu écrire cela et par ces mots frapper si juste ? Sans hésiter, Grégorius lâche tout et embarque dans le train de nuit pour Lisbonne. Là, il mènera son enquête qui en un sens tient du thriller, puisqu’il s’agit de reconstituer la vie et le monde intérieur d’un homme sous la dictature de Salazar.

La ville de Lisbonne n’est pas un hasard dans ce livre. Pascal Mercier dit s’inspirer de la définition du roman par Kundera comme devant être une méditation poétique sur un sujet. Le sujet ici c’est l’âme humaine, et l’irruption de la conscience morale dans la confrontation d’une tradition lettrée et de la brutalité qui secoua l’Europe du XXe siècle, dont le Portugal.

Il y a Pessoa aussi, aux textes duquel s’apparentent les écrits du médecin Amadeu. Ne peut-on dire à leur propos que résonnent ces phrases du livre de Pascal Mercier ? Etait-il possible que le meilleur chemin pour s’assurer de soi-même passât par la connaissance et la compréhension d’un autre ? Un homme dont la vie s’était écoulée très différemment et avait possédé une toute autre logique que la vôtre ? Comment la curiosité que vous inspirait une autre vie s’accordait-elle avec la conscience que votre propre temps s’écoulait ?
Pascal Mercier  – Train de nuit pour Lisbonne, traduit de l’allemand (Suisse) par Nicole Casanova, Maren Sell éditeur, 490p.

Pascal Mercier
Train de nuit pour Lisbonne, traduit de l’allemand (Suisse) par Nicole Casanova
Maren Sell éditeu

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :