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Monthly Archives: juillet 2006

Les grandes lois s’énoncent simplement ; ainsi en va-t-il de la loi dite de Murphy découverte en 1949 par des techniciens qui travaillaient à la base d’Edwards de l’US air force.

* tout ce qui devrait bien se passer tourne mal
* le mieux est l’ennemi du bien
* toute tentative de ne rien faire, pour que rien ne tourne mal, tourne mal.

En clair, tout ce qui peut mal tourner, tourne mal… la tartine tombe toujours du côté du beurre, les raccourcis sont plus longs que la normale, vous ne pouvez jamais dévisser la dernière vis, si vous partez au wc pendant le match une équipe marque un but, le bout du rouleau d’adhésif disparaît toujours,… Robinson entend donc voir s’il y a un caractère rationnel à ces fameuses lois de la vexation universelle.
Il entreprend donc de comprendre les mécanismes du cerveau qui nous font tout voir du mauvais côté : perceptions ou souvenirs erronés, assemblages défectueux, perturbations dûes aux émotions, dysfonctionnements dûs aux phénomènes de groupe,etc.
Au final, le lecteur tient en main un « cours » magistral, diablement didactique et particulièrment amusant. Il se divertira beaucoup tout au long du livre, apprendra plus encore et aura grand plaisir à parcourir la très longue liste de lois de Murphy fournie par l’auteur en annexe de son livre.
Ce dernier s’excuse d’ailleurs, pour les questions qui resteront sans réponse, bien conscient que « d’après la loi de Murphy, (il pensera) à beaucoup de choses importantes dont (il aura oublié) de parler, le lendemain de la publication de ce livre ».

R. Robinson
Pourquoi la tartine tombe toujours du côté du beurre
Dunod
(juillet 2006)

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Dans la même excellente collection, signé ici par Luc de Brabandere et Christophe Ribesse, signalons le savoureux et mathématisant « Espèce de trochoïde ! ».
Ce livre, ni livre de jeux, ni livre de sciences, ni livre d’exercices, constitue un « petit album impertinent consacré aux mathématiques », sorte de petit catalogue destiné à allumer la petite étincelle, un livre-concept / livre de concepts qui n’étonne pas venant de l’auteur de la trilogie Le plaisir des idées, le management des idées et le sens des idées (chez le même éditeur) : thèmes esquissés, peu de calculs, démonstrations simplifiées ou éludées, etc. de Brabandere opte en tout lieu pour la simplicité et nous présente une belle invitation au voyage, voire à l’émerveillement.

Il faudra le lire, en tout cas, pour savoir qu’un trochoïde n’est pas une espèce rare de gnou, moins encore une phénomène météorologique, mais bien le…

Luc de Brabandere et Christophe Ribesse
Espèce de trochoïde !
Dunod

Saki alias Hector Munro, Docteur ès humour anglais, grand maître de l’absurde, pourfendeur satirique de la « belle » société post-victorienne a écrit quantité de désopilantes nouvelles. On retrouvera ces dernières dans la collection 10/18 et au Livre de poche. Outre ces bijoux ciselés d’ironie et de « nonsense », Saki s’est fendu d’un roman, celui qui fait l’objet de cette réédition, sous l’impulsion de Jean-Claude Zylberstein, directeur de collection toujours bien inspiré.

Le lecteur découvrira Comus « l’insupportable » Bassington, jeune, excessif, narcissique, écervelé et incorruptible, en plein conflit avec sa mère Francesca, une femme qui, « si on l’avait priée de décrire son âme, aurait dépeint son salon ». Cette dernière est bien décidée à trouver à son fils une situation, voire une occupation, en un mot une épouse bien dotée. Des parties de bridge où l’on s’affronte au moyen de phrases assassines au alcoves du parlement où la forme importe toujours plus que le fond, nous voilà plongés dans l’hypocrisie, la sophistication, pour ne pas dire la superficialité, de cette belle Angleterre d’antan, celle que le moderne Saki entend résolument tourner en ridicule…. absolutly fabulous.

Un roman subtil, très drôle et non dénué d’une certaine profondeur…
Après le plat de résistance, les zygomatiques du lecteur pourront s’exercer sur quatre nouvelles inédites.

Saki
L’insupportable Bassington suivi de quatre nouvelles inédites
Robert Laffont, Coll. Pavillons

Les meurtres ne sont pas, à Reykjavik , cette sale habitude prise par les grandes mégalopoles ultraviolentes que sont New-York, L.A., Londres ou Rio de Jaineiro . Quand l’inspecteur Erlendur se voit chargé du meurtre d’un vieil homme, Holberg , assassiné dans son salon, il comprend vite que sa relative tranquillité islandaise vient, en un violent coup de cendrier, de prendre fin. D’autant que l’assassin a pris un malin plaisir à laisser un message pour le moins énigmatique : « je suis lui ».

Quelques jours plus tard, alors que la police découvre des milliers d’images pornographiques dans le disque dur de la victime, Erlendur met la main sur la photographie d’une tombe d’enfant que dissimulait Holberg dans le bureau, l’affaire prend une tournure inattendue… Ce premier roman, écrit avec une grande maîtrise, saura plaire aux amateurs de polars.

Arnaldur Indridason
La cité des jarres
Points Seuil

Après le lancement d’une collection de policiers en format de poche (pour plus de détails, cliquer ici), Actes Sud publie ce mois les premiers volumes d’une collection en grand format consacrée au genre créé par Edgar allan Poe. Baptisée « Actes noirs », elle compte à ce jour deux volumes.
L’un d’eux, « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes », vaut son pesant d’or (d’autant que le bouquin fait presque 600 pages) ! Coup d’essai, coup de maître pour l’éditeur arlésien et son auteur, Stieg Larsson.
« Les hommes qui n’aimaient pas les femmes – Millenium 1 » (car deux volumes poursuivront celui-ci) nous raconte l’enquête menée par Mikhael Blomkvist, un journaliste de la revue financière Millenium, pour élucider une affaire vieille de quarante ans.
Au sortir d’un procès perdu pour diffamation, Blomkvist, grand pourfendeur des magouilles et des crapules de la finance, est contacté par Henrik Vanger, un vieil industriel dont l’empire est sur le déclin. En 1966 la nièce de Vanger disparaissait purement et simplement lors d’une réunion sur l’île familiale. Quarante ans après, rongé et toujours obsédé par ce qu’il considère comme étant un meurtre jamais résolu probablement perpétré par un des membres de sa famille, il engage Blomkvist pour une durée d’un an… Celui-ci viendra séjourner sur l’île glacée du nord de la Suède et sous couvert de rédaction d’une chronique familiale, mènera son enquête au sein du clan Vanger… Mais comment résoudre un mystère dont plusieurs dizaines d’années de recherches policières et personnelles n’ont pu venir à bout ?
Haletant, sombre et magnifiquement rythmé, les « Hommes qui n’aimaient pas les femmes » de Stieg Larsson est un excellent polar et, qui plus est, une lecture idéale pour cet été.

Stieg Larrson
Les hommes qui n’aimaient pas les femmes
Actes noirs – Actes Sud