Skip navigation

Monthly Archives: juin 2006

Il était tout jeune journaliste dans un modeste journal polonais lorsqu’en 1956, Ryszard (prononcez Richard) Kapuscinski, fut envoyé en reportage en Inde. Avec pour seul viatique, lui qui ne connaissait rien du « monde extérieur », une traduction des Histoires d’Hérodote. Depuis lors, il est devenu une des grandes figures du journalisme, et ses livres sur le Négus, le Shah d’Iran ou encore sur l’Afrique ( Ebène, une magnifique traversée de l’histoire africaine d’après les indépendances) ont été traduits dans le monde entier. Mais jamais Hérodote ne l’a quitté. Il fut de tous les voyages, précurseur et maître inégalé de la découverte du monde, de la tolérance, et de la distance objective du journaliste face aux convulsions du monde. C’est une sorte de collage que Kapuscinski propose ici, un aller-retour entre le journaliste qui apprend son métier en parcourant la planète, et l’historien de l’Antiquité qui, le premier, dévoile la multiplicité des mondes et des hommes.

Ryszard Kapuscinski
Mes voyages avec Hérodote
Plon, Feux croisés

L’Exposition au Musée d’Ixelles de l’ouvre de Georges Baines coïncide avec la parution d’un très bel ouvrage qui éclaire la démarche et la personnalité de ce grand architecte belge. On découvre comment cet Anversois s’est d’emblée inscrit après la guerre, dans une dimension internationale, puisant dans l’art moderne ses sources d’inspiration. Ses habitations se caractérisent par une recherche de lignes pures qui respirent, ouvrent l’espace du dedans, en jouant sur la lumière et les formes, et l’espace du dehors, partie prenante de la maison. 39.90 euros

Georges Baines
Ludion

L’ouvre de cette artiste est une invitation jubilatoire, un jeu de piste entre l’abstraction et la narration. L’oeil s’égare dans les transparences, les déchirures de ces tableaux composites qui bousculent l’ordonnance et les humeurs. On en émerge tout barbouillé d’orange, de turquoise, de carmin comme au sortir d’un jardin de Bonnard. Et heureux. D’autant plus que la palette est admirablement restituée. L’ouvrage est publié par Didier Devillez et préfacé par Pierre Mertens. 40, 00 euros.

Noëlle Koning
Didier Devillez

Andras Vajda, le double littéraire de l’éminent critique d’origine hongroise Vizinczey, adresse aux jeunes gens cette initiation sentimentale guidée autant par l’appétit de la chair que par la curiosité intellectuelle.
Ce Stakhanoviste de la vie amoureuse, rend hommage à toutes les femmes qui l’ont déniaisé à une époque, les années cinquante dans une Budapest stalinienne, et à un âge qui ne facilitait pas la chose. Ni tableau de chasse ni étalage impudique, ce roman d’apprentissage plein d’ironie distanciée est une fête des sens autant que de l’esprit et connaît un succès interrompu depuis sa parution.

Stephen Vizinczey
Éloge des femmes mûres
Folio

Caméra à l’épaule, Arthur Daane filme le monde tel qu’il est et plus encore sa stupéfaction d’en être. Depuis la mort de sa femme et de son fils, il se sent à mi-chemin des vivants et des disparus, suspendu entre ce qui fut et ce qui sera et c’est dans ce sursis qu’il entend séjourner désormais. C’est un grand livre que celui de Cees Nooteboom, par l’ambition et la facture ; lancinant et flûté, ce voyage éclaire le nôtre d’une consolation lucide.

Cees Nooteboom
Le jour des morts
Folio

Réédition en Folio Policier du roman culte de James Crumley Le dernier baiser. Première enquête du détective privé C.W Sughrue, le spécialiste des femmes fatales et des enfants fugueurs. Où il devra se démener comme un beau diable pour démêler les fils d’une embrouille mise en place dans les règles de l’art.
Tournées des bars, jolie disparue, chien alcoolo, discussions « animées », distribution de savates, longs voyages en bagnole, … tout y est ou presque ! « Les grands discours intellectuels, ca va cinq minutes, mais dans ma partie c’est encore la violence et la douleur qui paient le plus ». Pur polar.

James Crumley
Le dernier baiser
Folio

A deux mois de la retraite, Lao Ding, ouvrier exemplaire, plusieurs fois diplômés, est victime de licenciement économique. L’ancienne Chine collectiviste a bien changé, elle est marquée à présent par l’initiative privée, la corruption des cadres, l’ingéniosité des plus pauvres…
Lao ding, décontenancé et optimiste tout à la fois, se met donc en quête d’un nouveau métier ! Bientôt, reconverti à l’esprit du capitalisme, il se lance, contre toute attente, dans le commerce du libertinage.
Un petit roman tendre et féroce écrit par l’un des auteurs majeurs de la Chine contemporaine.

Mo Yan
Le maitre a de plus en plus d’humour
Points Seuil

L’exotisme nous tente, c’est bien connu. Avoir vingt ans et vouloir traverser le Sahara, de Tanger à Tombouctou et Ouagadougou, pour rejoindre sa petite amie, cela fait rêver. Mais la route peut être longue, et le voyage se transformer en entreprise de déniaisement. Andy, jeune norvégien au visage d’ange, aborde à peine sur le territoire marocain qu’il s’englue aussitôt dans la toile que tisse autour de lui un vieux beau en chasse et la clique de fêtards européens nostalgiques d’une Tanger libertine et cosmopolite (l’écrivain Paul Bowles fait une apparition dans le livre). On est loin de la carte postale. L’Européen qui débarque en Afrique est toujours un naïf, et ce roman plein d’humour et de descriptions réalistes, évoquant entre autres la question du tourisme sexuel, le montre bien.
Une touche « people » pour finir, autre forme d’exotisme : l’auteur est le gendre du roi de Norvège, et son livre a, paraît-il, fait scandale au pays des rennes.

Ari Behn
Les hommes passent à Tanger
Actes Sud