Skip navigation

Monthly Archives: mars 2006

Composé de cinq nouvelles d’auteurs japonais contemporains peu connus (deux seulement ont été publiés en France), « Tokyo électrique » propose au lecteur une plongée dans la mégalopole japonaise à travers cinq récits aux tonalités bien différentes mais qui ont en commun leur très grande qualité. Kaleidoscope conçu et traduit par Corinne Quentin, cette sorte de « géographie sentimentale » faite d’éclats comme d' »électricité » est l’occasion d’un autre regard, intimiste et attachant, sur le Tokyo d’aujourd’hui.

Collectif
Tokyo électrique
Ph. Picquier

Publicités

Les héros de Bienvenue au club ont beau avoir pris 20 ans et surtout les désillusions qui vont avec, c’est avec un plaisir toujours renouvelé que le lecteur retrouve les protagonistes de la première heure. J. Coe nous livre un roman construit, intelligent et parfaitement rythmé. En conteur accompli, il nous entraîne dans le sillage de Benjamin, Loïs, Doug et toute la bande. Ceux-là qui, vingt ans plus tôt, se côtoyaient sur les bancs du King William College. Coe offre également un tableau parfaitement grinçant de l’Angleterre des années 2000, problèmes politiques et sociaux en tête.
Note :
Pour les distraits, les amnésiques et ceux qui n’ont pas la chance d’avoir lu la première partie (parue en poche dans la collection Folio), Coe a ajouté en fin d’ouvrage un bref synopsis rappelant les principaux personnages et les faits saillants du premier épisode.

Jonathan Coe
Le cercle fermé
Gallimard

Il a plus de quatre-vingts ans, le corps douloureux, condamné. Envers et contre la mort, Louis-René Des Forets écrit pour retarder la finitude. Les phrases sont longues, pour tromper le vide de cette existence qui se délite, ou brèves, rapides et ramassées, histoire de dire la vigilance du créateur qui ne tient plus debout que par l’exigence de l’écrit. Un grand écrivain, secret, rare donne là son dernier chant.

L.-R. Des Forets
Pas à pas jusqu’au dernier
L’Imaginaire Gallimard

Vladimir Horowitz est cet immense pianiste, né en Ukraine en 1903, décédé à New York en 1989, spécialiste du répertoire romantique, et connu, entre autres, pour ses interprétations fameuses de Rachmaninoff et de Liszt. Au Conservatoire de Kiev, dans sa jeunesse, il devait avoir pour condisciple un certain Dimitri Radzanov que l’exil mena à Montrouge, dans la banlieue parisienne, où il mena en quelque sorte une double vie. Le jour à travailler dans le vinyl chez Pathé Marconi ; le soir, chez lui, à se mesurer au piano avec Horowitz. Car Dimitri était un brillant pianiste lui aussi, peut-être même plus brillant que son rival, mais personne n’en a jamais rien su. D’un côté un looser , de l’autre une star . A l’inverse de leur vie privée, difficile mais tendre pour l’un, torturée et douloureuse pour l’autre. Quelle est la part de roman et de récit dans cette vie racontée par le fils de Dimitri ? C’est évidemment le privilège du romancier de raconter des vies parallèles, partiellement imaginées d’ailleurs, l’univers de chacun étant investi par les personnages réels ou fictifs rencontrés au fil de l’existence, et avec lesquels on se mesure. L’auteur, Alexis Salatko avait déjà tenté cet exercice avec l’écrivain(e) Flannery O’Connor dans Milledgeville, sanctuaire des oiseaux et des fous paru chez Fayard en 2004.

Alexis Salatko
Horowitz et mon père
Fayard

Peu avant 1914, une rivalité sans merci va opposer Hugo de Waligny, jeune lieutenant de cavalerie et grand amateur de chasse à courre et Jérôme Hardouin, dit Coup-de-Fouet, « pîqueux » aux ordres du Comte de La Honville, lui aussi cavalier hors pair. Entre les deux hommes: un monde, une société, une guerre, une jeune femme indomptable. Waligny et Coup-de-Fouet s’affronteront sur le terrain de la chasse à courre. Le lecteur pénètre d’emblée dans un univers singulier, aux traditions ancestrales, régit par des codes et un langage propres (un court glossaire de vénerie est disponible en fin d’ouvrage) et où la sauvagerie se dissimule sous les plus beaux atours. Dans les tranchées du Nord, la fureur des hommes enfin libérée verra la lutte implacable entre les deux adversaires se poursuivre et s’achever de la plus terrible des manières. Un roman saisissant où l’on retrouve l’élan et la poésie brutale de Court Serpent, première oeuvre très remarquée de Bernard du Boucheron, qui vient d’être édité chez Folio.

Bernard du Boucheron
Coup-de-Fouet
Gallimard

Tanguy Viel est de retour avec une oeuvre que les amateurs de subtil faux polar ne manqueront pas. Lise se marie avec Henri, pour échapper à la misère de sa condition et toucher un peu du rêve promis à tant d’autres. Sam est le frère de Lise, du moins, c’est ce qu’Henri doit croire. En effet, Lise et Sam fomentent un mauvais coup, un coup fumant qui les mettrait à l’abri pour le reste de leur vie. Seulement le mauvais coup tourne mal, car Henri aussi a un frère. Un vrai celui-là, dénommé Edouard. Edouard est très contrarié par le projet des deux acolytes et n’entend pas les laisser profiter du fruit de leur larcin. Souvent, n’est pas faux frère celui qu’on croit… On s’attache sans peine à ces personnages médiocres et dépassés par les conséquences de leur forfait, un thème que l’on retrouve aussi dans L’absolue perfection du crime paru en poche en février.

Tanguy Viel
Insoupçonnable
Minuit

Sous la plume d’Alan Bennett, redoutable observateur des us et coutumes de ses concitoyens, les faits les plus anodins prennent une tournure cocasse. Midgley, pâle prof dans une sinistre banlieue anglaise, s’est toujours senti écrasé par son père. A l’annonce de la fin imminente de ce dernier, Midgley se rend a son chevet, bien décidé à racheter des années de frustrations. Il le veille sans relâche mais la fin annoncée se fait attendre comme si le vieux voulait l’enquiquiner jusqu’au bout…

Alan Bennett
Soins intensifs
Denoël

Elu humoriste de l’année en 2001, David Sedaris poursuit son autobiographie commencée avec « Je parler français ». Ces 22 épisodes de la vie d’une famille (presque normale) de six enfants de Caroline du Nord dans les années soixante, portent cette fois encore la marque d’un humour aussi lucide que mordant. Qu’il s’agisse de la maison de vacances qu’on n’achètera jamais mais devant laquelle on passera tous les étés, de la dent cassée par un fils de bonne famille ou de l’éveil à l’homosexualité , les souvenirs de Davis Sedaris dissimulent à peine une formidable tendresse. Chacun se retrouve dans les maladresses et les complexes des uns et des autres.

David Sedaris
Habillés pour l’hiver
Plon