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Monthly Archives: septembre 2005

Sur les toiles pour le moment, une adaptation du célèbre roman de SF « Hitchhiker’s guide to the Galaxy ». Si le film n’a quant à lui pas grand intérêt, il ne faudrait pas s’empêcher de lire ou de relire les différents volumes de ce « space opera » kitsch et éminemment burlesque. Star Wars revu par les Monthy Python ! Un régal de parodie et d’humour déjanté.

Douglas Adams
Le guide du voyageur galactique
Folio SF

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A l’occasion de ses 25 ans, la maison d’édition Taschen réédite une série de classiques de son catalogue à des prix imbattables. Design, mode, photographie, architecture, des grands titres proposés à 9.90 euros ou pour les plus volumineux à 20 euros.
Dans la dernière livrée (car l’opération s’étale jusqu’en décembre), « Les meilleurs films des années 90 » s’annonce comme un livre de référence sur le cinéma de la dernière décenie. Large panel des films (essentiellement américains faut-il tout de même noter, mais pas seulement) majeurs de l’époque, chacun d’eux est magnifiquement illustré et armé d’un appareil critique appréciable. Une excellente occasion pour retrouver Sailor et Lula, Les affranchis, Danse avec les loups, Trainspotting, Pulp fiction et tous les autres, etc.
Pour plus de renseignements sur les titres proposés par Taschen, il vous suffit de surfer sur le site de l’éditeur http://www.taschen.com .

Les meilleurs films des années 90
Jorgen Müller
Taschen « 25 »

Face à l’insupportable perspective de passer les prochaines vacances en Amérique en compagnie de ses quadruplées et de sa gargantuesque épouse chez l’Oncle Wally, un anticommuniste primaire, Wilt se voit forcer de réagir.

Comment sortir du piège ? en s’inventant un cours sur le marxisme. Se croyant tiré d’affaire, Wilt, décide de retrouver l’authenticité des campagnes anglaises et part au petit bonheur, s’empêchant bien de se munir du moindre guide ou plan.

Antihéros par excellence, Wilt a pourtant le chic de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Pendant ce temps, les quadruplées sèment la terreur de l’autre côté de l’Atlantique.

Marquée par un nonsense absolu et un incroyable don pour le comique de situation, l’écriture de Tom Sharpe ravira les lecteurs qui se surprendront plus d’une fois à rire aux éclats à la lecture des aventures du pauvre Wilt, l’éternelle victime

Tom Sharpe
Comment échapper à sa femme… (Wilt 4)
Belfond et 10/18

Fuyant une France jugée agressive, une mère dévorante d’affection, une compagne prise d’une irrépressible envie d’enfanter, Simon Sagalovitsch, marqué par une mauvaise foi et une autodérision absolues, n’a rien trouvé de mieux que de s’exiler à Vancouver, loin, très loin, .
Dans un car, il rencontre Monika, pulpeuse, optimiste, autonome. A deux, ils décident de passer quelques semaines ensemble.
Sagalovitsch, armé d’une verve et d’un talent indubitable pour les dialogues et soliloques improbables livre un roman d’une incomparable drôlerie (un fait suffisamment rare pour le souligner) ! Quelques scènes inoubliables et le reste nous laissent déjà impatients de lire une (éventuelle) suite des aventures de Simon ! Un véritable coup de coeur !

Laurent Sagalovitsch
Loin de quoi ?
Actes Sud

Flânerie ésotérico-littéraire sur les bords de Seine de l’entre deux guerres, Tout le fer de la tour Eiffel voit s’affronter Walter Benjamin, Le Walter Benjamin, collectionneur de fétiches littéraires et artistiques, et Auerbach, philologue allemand prêt à tout pour s’emparer de ladite collection.
Au cours de cette balade fantastique, le narrateur rencontre quelques grandes figures de l’époque : Céline, Tzara, Joseph Roth, Paul Célan, Robert Denoël, Murnau, etc.
Curiosité virtuose couronnée en Italie par le prix Bagutta 2002, Tout le fer de la tour Eiffel est un roman difficile mais vertigineux qui prend la forme d’une balade désordonnée dans le temps et dans l’espace : rencontres improbables, narration floue, complexe, remplie de fantômes et de créatures magiques. Au gré des chapitres, cependant, le ton se fait plus inquiétant et l’on sent poindre, à travers une conjuration orchestrée par des forces maléfiques, la menace palpable d’une catastrophe, la grande catastrophe, celle qui se prépare dans les années 30.

Michele Mari
Tout le fer de la tour Eiffel
Seuil

La sortie du nouveau Houellebecq est assurément l’un des événements de la rentrée 2005 !

Après l’insupportable « Particules élémentaires » et l’excellent « Plateforme », le sulfureux Houellebecq nous revient avec « La possibilité d’une île ». Au delà de la polémique suscitée par les affaires éditoriales liées à son livre (voir plus bas), c’est le texte lui-même qui mérite notre intérêt. Verdict ? Un des romans importants de l’automne, largement au-dessus de ce que l’on nous propose habituellement.

« La possibilité d’une île » se compose des récits de Daniel1 lus et commentés par Daniel24 et Daniel25, ses lointains descendants, clones de surcroît. Daniel24 et Daniel25 forment avec un certain nombre d’autres clones (Marie22, etc.) les « neo-humains », des post-humains ayant échappé à l’holocauste nucléaire, dépositaires des récits de vie de leur ancêtre propre.

Michel Houellebecq profite de ce « possible » futuriste pour passer à la moulinette notre monde contemporain, exercice qu’il accomplit avec une rare intelligence et un cynisme parfaitement lucide. Lui-même semble ne pas échapper à la critique, tant sont nombreux les parallèles entre Daniel1 et Michel H. Daniel1, comique acerbe et anti-tout (y compris lui-même) devient rapidement millionnaire en euros grâce à ses spectacles et à ses films (« Broute-moi la bande de Gaza » (…) ).

« La possibilité d’une île » est un livre plein, trop plein peut-être, bourré de réflexions, d’interrogations tantôt profondes, tantôt futiles. Ce roman total se balade donc entre pure provoc’ et réelle authenticité et voilà sans doute le chemin de Michel Houellebecq.

Sans se départir d’un pessimisme absolu, Houellebecq est mû par d’incessantes aspirations à la possibilité d’une délivrance (d’une île ?), un lieu où pourraient se satisfaire l’amour et le désir.
Comme l’a si bien dit le magazine Lire, « Lisons-le » !

Sur « l’affaire Houellebecq » :
http://www.agoravox.fr

Michel Houellebecq
La possibilité d’une île
Fayard

Nouveau roman de Denis Lachaud (J’apprends l’allemand, 1998), Le vrai est au coffre aborde avec intelligence (la forme défend, soutient et reprend la thématique dans toute son ambiguïté) et sobriété (une écriture nuancée et pleine de tendresse) la question de la difficulté identitaire.

Soit un enfant de cinq ans, Tom, qui vit avec ses parents dans un quartier porche de Paris. Très vite, Tom s’éloigne des autres – les garçons – qui le rejettent et le traitent de « pédale », il passe ses journées avec Véronique, une amie rencontrée dans la cité des Fleurs. Mais lors d’un voyage scolaire Tom est finalement rattrapé par ses « camarades ».

Voyage dans l’imaginaire, dans les trésors et la solitude de l’enfance, livre à clef, le nouveau Lachaud est aussi un des bons livres de la rentrée 2005.

Denis Lachaud
Le vrai est au coffre
Actes Sud

Eté 1941, trois adolescents de la grande bourgeoisie italienne passent leurs dernières vacances insouciantes à Venise avant que la guerre ne défasse leurs destins. Dans ce style qui est le sien, comme par contraste Rosetta Loy dévide avec douceur les fils de vies taillées pour les grands formats de l’amour et de l’existence, brutalement contrariés. Trois jeunes gens mûris trop vite, emportés dans les remous de l’histoire d’une Italie déchirée par le fascisme pour un roman plein de charme avec pourtant un air de déjà lu.

Rosetta Loy
Noir est l’arbre…
Albin Michel

Parmi les nombreux premiers romans de la rentrée, il faut certainement mettre en valeur celui de Marie-Eve Stenuit, tant pour ses qualités romanesques que pour son style.

Tout commence dans la vie par la naissance, une scène d’accouchement, une ambiance tendue. Lisa a donné la vie à un enfant double : « De la tête aux épaules, Lisa avait deux fils ; plus bas, elle n’en avait qu’un. »

Le premier médecin qui se précipite à son chevet veut les palper (curiosité médicale ?) et les montrer. Voilà le destin des deux garçons : être regardés ! Nous partons avec eux dans le monde pour qu’ils accomplissent leur destin, et rencontrons avec eux tous les êtres difformes montrés dans les cirques et champs de foires. Nous rencontrons avec eux des êtres difformes, certes, mais chaleureux, intelligents, lucides, des êtres humains à part entière avec toutes les capacités d’amour et d’amitié. Vingt années d’exhibition au terme desquelles les frères devenus riches rentrent au pays, achètent une maison et prennent leur retraite. Ils vivent alors, loin des regards, une vie discrète dont on ne sait pas grand-chose sinon qu’ils furent heureux, sereins et. amoureux !

Librement inspiré d’une histoire vraie, ce roman est généreux, souvent drôle et en même temps intéressant car il pose de nombreuses questions sur l’identité et sur l’humanité et sa morale.

Marie-Eve Stenuit
Les frères Y
Castor Astral

Monsieur Linh fuit son pays en guerre où sa famille a été décimée. Il a pour bagage, une valise, une photo, une poignée de sa terre natale et dans les bras, une petite fille toujours calme et sereine. Arrivés à New York, l’homme et l’enfant sont accueillis dans un foyer pour réfugiés où le vieil homme est souvent la risée de ses compagnons d’infortune.Il prend alors l’habitude de se promener dans la ville. Il y rencontre Monsieur Bark, veuf malheureux.Les deux hommes se parlent, chacun dans sa langue mais cour à cour. Et ils se comprennent grâce à la musique de la voix, à l’intensité de leurs sentiments, à la force des gestes et des attentions. Mais Monsieur Linh est transféré et enfermé dans un hospice dont il ne cessera de vouloir s’évader.

Drame de la solitude et de l’indifférence, hymne à l’amitié et à la compassion, ce roman est juste, dense et émouvant.

Philippe Claudel
La petite fille de Monsieur Linh
Stock