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Le narrateur, Kasushi, se souvient d’un épisode de son enfance : quand vivant seul avec sa mère, il vit arriver chez eux le vieux Tête de mule, ce grand-père mystérieux, sorte d’éternel absent.

Du haut de ses 10 ans, Kasushi raconte sans pouvoir vraiment décrypter – comme seul peut le faire un enfant de son âge – les derniers mois qui précédèrent le décès de l’ancêtre. Pour « jouer sur les mots avec détachement », à la manière de cette mère qui transforme « l’objet fragile » en « oubli facile », on verra donc volontiers une « vie au crépuscule » dans cette « ville au crépuscule » : vieux grand-père, recroquevillé dans un coin du minuscule appartement, ronchon et pourtant attachant, bribes d’histoires et de vieilles légendes familiales, souvenirs en forme d’indices…

Tout le roman exprime à sa manière cette simple et magnifique pensée du narrateur : « Même quand nous n’avons aucun témoin nous nous taisions là-dessus. Nous n’étions pas assez présomptueux pour penser que cela dépassait les mots. Peut-être que l’idée de ne pas être seul à le connaître, nous a dispensé de devoir l’exprimer avec des phrases ». Citation si authentique et pourtant paradoxale pour le lecteur car c’est justement grâce aux phrases qu’il est projeté au delà des mots.

« La ville au crépuscule » est une rencontre inattendue, portée par une poésie simple et d’autant plus sublime.

Kazumi Yumoto
La ville au crépuscule
Seuil

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